Une nouvelle fois, l’artiste belge Monk HF publie une série de dessins critiques qui oppose l’observateur face à des contradictions qui dérangent. Sans avoir peur de provoquer, l’artiste met en lumière les dessous peu roses de certaines destinations très appréciées par les touristes : pollutions, guerres et prostitutions infantiles sont choses courantes à proximité des hôtels des voyageurs.

Les séries de dessins signées MONK se démarquent par leur caractère engagé ainsi que leur propension à mettre la société et les individus qui la compose face à leurs paradoxes. Son coup de crayon a déjà suscité des débats, lors de la publication de dessins dans lesquels les trophées de chasseurs ont été remplacés par des personnages de Walt-Disney. Cette fois-ci, il s’inspire d’une célèbre affiche publicitaire de Franz Kraus qui date de 1936 : Visit Palestine. De cette manière il détourne les affiches aguicheuses que nous avons l’habitude de voir dans les magazines et accompagne les plages idylliques et les temples historiques de détails troublants.

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Des publicités « honnêtes »

Des plages au sable blanc et une mer d’azur. Des constructions qui appartiennent aux joyaux du patrimoine mondial. Des nourritures exotiques dont la simple vue doit faire saliver. Ces éléments constituent un cocktail parfait pour attirer les touristes par hordes. Agences de voyage et consommateurs du tourisme de masse (à ne pas confondre avec le voyage libre ou alternatif) se tiennent la main pour fermer les yeux sur des données qui ternissent le tableau : les plages bien propres et les bâtiments aux apparences soignées ne sont que la partie émergée de l’iceberg.

Monk souhaite ainsi afficher cette autre facette du tourisme moderne : il montre les destinations de vacances les plus prisées tels qu’elles se présentent dans la réalité, tout en flirtant tout de même avec le cliché. De cette manière, il dénonce autant professionnels du tourisme que vacanciers qui n’hésitent pas à faire l’autruche sur la situation politique, sociale et environnementale de certains pays en échange d’un mensonge confortable et ensoleillé. Contrairement aux affiches que l’on peut contempler dans les vitrines des agences de voyage et des prospectus, Monk ne promet pas le paradis.

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Provoquer une réflexion sur le tourisme de masse

L’auteur pointe de manière perspicace le cynisme d’une forme de tourisme qui reste majoritaire et interroge : lorsque l’on part en vacances dans un pays, peut-on vraiment fermer les yeux sur les atteintes aux droits de l’homme, les problèmes sociaux ainsi que les pollutions générées par déplacements et consommations ? D’autant que les problèmes liés au tourisme de masse sont nombreux. À l’heure de la mondialisation, les vacances sont de plus en plus accessibles et se transforment en un bien de consommation comme les autres. Or d’autres manières de voyager moins agressives et plus respectueuses de la culture locale et de l’environnement existent.

Pour autant, devons-nous nous interdire de voyager et découvrir d’autres cultures ? Nous ne le pensons pas. Le voyage est pour beaucoup le synonyme d’une ouverture sur les autres cultures et reste l’un des meilleurs moyens pour s’ouvrir à l’autre et enrichir ses propres connaissances. En revanche la critique de MONK est sans appel : il invite à plus de cohérence dans nos manières de consommer et à cesser de fermer les yeux sur les conséquences sociales de nos choix. Son message appliqué ici au tourisme concerne en effet de manière plus générale nos modes de vie dictés par le rythme effréné du productivisme.

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