Florence Weiser et Abdel El Asri vivent dans une roulottes depuis bientôt 7 ans. Et, non, ce n’est ni un sacrifice ni une situation misérable : un simple choix de vie. Tous deux artistes, ils nous partagent les photographies de cet espace unique, réaménagé pour répondre à leurs besoins. Ils nous livrent aujourd’hui certains aspects d’un mode de vie qui n’a pas été sans inspirer leurs œuvres.

Florence Weiser et Abdel El Asri ont décidé il y a quelques années d’acheter une roulotte. Abdel, alors comédien dans une troupe de théâtre devait voyager de ville en ville pour travailler. Florence Weiser, illustratrice pour sa part (dont on vous invite volontiers à découvrir les œuvres), pouvait répondre aux demandes de ses clients depuis n’importe quel endroit, à condition d’avoir accès à internet. Après quelques temps sur la route, et depuis qu’Abdel travaille en tant que cinéaste avec un besoin de mobilité moins important, la roulotte du jeune couple fut installée sur le terrain d’un particulier qui leur prête l’espace en échange de son entretien. Un compromis solidaire qui profite à chacun. Depuis, le couple a décidé de conserver un mode de vie qui les enrichit, axé sur une simplicité volontaire.

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Une roulotte retapée

La roulotte pour laquelle ont opté Florence et Abdel est un ancien modèle de marque Belge Buggenhout. Probablement construite dans les années 1960, elle mesure 10,5 mètres de long et 2,5 mètres de large. Elle a été acquise pour la somme de 3500 € à un couple de forains bruxellois à la retraite. Afin de lui redonner une nouvelle vie, et surtout en faire un véritable espace habitable, Florence et Abdel ont longuement retravaillé l’intérieur et fait rénover le toit. Ces travaux leur ont coûté environ 8000 euros, dont la moitié pour la toiture.

Florence nous explique : Nous avons eu de la chance, car lorsque nous avons acheté [la roulotte], elle était en bon état général. Hormis quelques montants en bois qui avaient pourri au niveau des fenêtres et qu’il a fallu renforcer, le toit en zinc et les boiseries extérieures qu’il a fallu remplacer, nous n’avons effectué que des travaux d’aménagement et de rafraîchissement. Nous avons retrouvé le plancher d’origine en retirant différentes couches de matériaux posées par les anciens propriétaires et supprimé la toilette qui se trouvait dans la chambre afin de gagner un peu de place pour une penderie. Nous avons mis en place une nouvelle installation électrique, refait la plomberie et acheté un chauffe-eau neuf, remplacé le convecteur à gaz par un poêle à bois. Enfin, nous avons remplacé toutes les portes de placards en formica par de nouvelles portes en bois, installé un plan de travail dans la cuisine, construit un lit en hauteur pour créer de l’espace de rangement en-dessous.

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La restauration s’est faite de la manière la plus écologique possible. Ainsi, ils ont préféré le bois, renouvelable par excellence, à d’autres matériaux synthétique plus polluants pour la construction des aménagements. Ils ont enfin prêté une attention particulièrement aux huiles et aux peintures utilisées. De la même manière, le couple a privilégié « l’huile de coude » aux décapants et solvants. Pour chauffer leur petit habitat et cuisiner, ils utilisent un simple poêle. À l’extérieur, enfin, ils ont installé des toilettes sèches. Par ailleurs, depuis qu’ils se sont à nouveau sédentarisés avec leur roulotte, Florence s’est procuré une petite caravane d’appoint qui lui sert d’atelier et parfois de chambre d’amis.

Installé en Belgique (à Thorembais-les-Béguines, dans le Brabant Wallon), le couple nous confie ne pas vraiment pouvoir envisager de troquer ce mode de vie pour un autre. Bien évidemment, ils avouent que l’habitat est moins confortable pendant l’hiver faute d’isolation adaptée. Toutefois, l’espace est fait pour que cet aspect ne devienne pas trop négatif. D’ailleurs, l’espace est si réduit qu’après allumage du poêle, la température ambiante devient vite agréable. Bouillottes et couvertures font le reste ! Florence et Abdel assument leur choix jusqu’au bout.

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Un nouveau rapport au monde

Ce choix de vie engagé, « en contact immédiat avec la nature », a naturellement influencé la manière de vivre de Florence et d’Abdel qui ont adopté graduellement des pratiques de consomm’action plus protectrices de la nature et de l’environnement. Ainsi, ils confectionnent désormais eux-même leurs savons, produits ménagers et dentifrices. Pour leurs achats obligatoires, ils essayent de se tourner le plus possible vers les producteurs locaux. Par ailleurs, ils ont finalement opté pour un mode d’alimentation sans viande puis ont cessé d’acheter des produits issus de l’exploitation animale. Bien évidemment, il passent dorénavant beaucoup de temps dehors et ont réduit leurs possessions matérielles.

« Il est très clair que, sans vraiment qu’on s’en rende compte, la vie dans cette roulotte nous a ouvert les yeux sur tout un tas d’aspects et a fait évoluer notre façon d’agir, de penser, de consommer, y compris en dehors du contexte quotidien. La manière dont nous voyageons, les causes qui nous touchent ou pour lesquelles nous nous investissons, qu’elles soient culturelles, écologiques ou sociales, sont probablement très liées à notre mode de vie. Aussi, la roulotte, nos animaux et les animaux sauvages qui nous rendent visite, l’étang et le décor en général, sont une immense source d’inspiration qui se ressent très souvent dans nos travaux respectifs ou communs. » nous explique Florence.

L’œuvre de Florence reproduite ci-dessous ainsi que les autres photographies qui suivent nous le confirment : ce mode de vie a indéniablement influencé ses dessins pour enfants, drôles et tendres à la fois. On vous laisse terminer la visite…

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Toutes les photographies à la discrétion d’Abdel El Asri et de Florence Weiser / Tous les dessins à la discrétion de Florence Weiser

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