Publié cette semaine, le classement Greenpeace des fournisseurs d’énergie « verte » rappelle qu’en la matière, toutes les offres ne se valent pas. Le mécanisme des garanties d’origine permet en effet à de nombreuses entreprises de proposer des contrats présentés comme écologiques sur la forme alors que ces fournisseurs n’engagent en réalité que peu voire aucune démarche pour soutenir le développement des énergies renouvelables…

Répondant à la demande des consommateurs, les offres d’énergies vertes se sont multipliées ces dernières années et c’est globalement une très bonne chose. Pourtant, les contrats proposés par certains géants comme EDF, Engie ou Total ne sont durables qu’en apparence, puisque ces entreprisses proposent en réalité une énergie d’origine nucléaire ou dont la production émet malgré tout des quantités importantes de gaz à effet de serre. Ce coup de passe-passe commercial qui se fait au nez du consommateur (et qui aura bien du mal à le déceler) est rendu possible grâce au mécanisme des garanties d’origine. Explications.

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« Tous les fournisseurs d’électricité ne se valent pas »

« Aujourd’hui, la réglementation impose une seule contrainte à un fournisseur qui veut se dire vert : celle d’acheter des certificats verts », explique Alix Mazounie, chargée de campagne chez Greenpeace France. Il n’est donc pas obligatoire de produire ou d’acheter de l’électricité d’origine renouvelable. « On se retrouve dans une situation complètement absurde où un fournisseur 100 % charbon ou 100 % nucléaire peut se déclarer 100 % vert« , poursuit la salariée de Greenpeace. « Il y a de plus en plus de fournisseurs sur le marché – 29 cette année – et de plus en plus d’offres vertes. Il est très difficile pour le consommateur de savoir aujourd’hui ce qui se cache derrière l’appellation « offre verte » et si cela signifie qu’un fournisseur a réellement une politique de développement d’électricité renouvelable au-delà du marketing », dénonce encore la salariée.

La garantie d’origine atteste au consommateur qu’une quantité équivalente à sa consommation d’électricité a été injectée sur le réseau quelque part en Europe. En revanche, développe Alix Mazounie, « la garantie ne dit pas si le fournisseur s’est contenté d’acheter cette garantie ou s’il a acheté de l’énergie renouvelable avec ». Le problème est donc que la garantie d’origine peut être apposée sur une énergie qui n’est pas forcément renouvelable.

Le classement, qui aide à y voir plus clair, a donc été établi en fonction des critères suivants : (1) Les fournisseurs achètent-ils ou produisent-ils l’électricité ? Avec quelles sources d’électricité ? (2) Dans quelles énergies investissent-ils, dans quelles proportions et à quel rythme ? (3) Font-ils usage des garanties d’origine ? Si oui, d’où viennent-elles ? Sur la base de ces premiers éléments, les 19 fournisseurs actifs sur l’ensemble de l’année 2017 ont été classés en quatre catégories : « Vraiment verts », « en bonne voie », « à la traîne » et « vraiment mauvais ».

Source image : capture d’écran sur guide-electricite-verte.fr

Les grandes entreprises du secteur de l’énergie en queue de peloton

Ainsi, des fournisseurs d’énergie comme « EDF » ou « Total Spring », qui composent le bas du classement Greenpeace, proposent des offres « vertes », mais produisent et/ou fournissent de l’électricité essentiellement nucléaire ou investissent dans des forages pétroliers. Acheter des garanties d’origine, ce qui contribue certes à soutenir légèrement les producteurs de renouvelables, leur permet surtout de se donner une image positive, mais trompeuse. A contrario, en tête du classement, « Énergie d’ici », « Enercoop » et « Ilek » sont des fournisseurs qui s’engagent réellement dans le développement des énergies renouvelables puisqu’ils proposent une énergie au moins à 95 % renouvelable.

Cette mise en point permet de rendre plus lisible le marché actuel pour mieux comprendre ce qui se cache derrière la prise. Néanmoins, dix ans après la libéralisation du marché, une personne sur deux ne sait toujours pas qu’elle peut changer de fournisseur. La démarche, rappelle Greenpeace, n’est pourtant pas compliquée.

Pour rappel, selon les chiffres du gouvernement, la part des énergies renouvelables dans la consommation finale brute d’énergie de la France a progressé de près de 7 points sur les dix dernières années, passant de 9,3 % en 2006 à 16,0 % en 2016. En dépit des efforts réalisés, le pays reste à la traîne, notamment en raison du verrouillage technique du nucléaire. N’est-il pas temps d’éclairer les consommateurs sur l’énergie qu’ils utilisent ?

Pour accéder au détail du classement Greenpeace des fournisseurs d’électricité « verte » : guide-electricite-verte.fr

Source image : capture d’écran sur guide-electricite-verte.fr

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